Reflexio

vendredi 5 septembre 2008

Nous sommes des moulins.

Filed under: Reflexion — ginklpios @ 23:12
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Salut, ô lecteur!

Alors que je discutait religion avec mon maître de stage, j’ai voulu lui expliquer ma conception de la vie. Etant profondément athée (vraiment athée… même pas légèrement agnostique!) et étant tout aussi profondément imbibé des idées scientifiques, j’ai du chercher une métaphore pour lui expliquer mes idées plutôt abstraites et « ininstinctives » (c’est-à-dire qui ne se laissent pas penser facilement ^^). Et la métaphore qui est sortie est celle du titre: « Nous sommes des moulins. »!

Pensant cette métaphore apte à répandre facilement mes conceptions, je me suis dit: « Pourquoi ne pas écrire un billet sur mon blog? ». Et pis voilà donc le résultat!

Bon, allé, j’entre dans le vif du sujet:

Imaginons une source d’eau en montagne, cette eau descend de la montagne créant une rivière qui se jette dans une mer. Il y a là un flux d’eau entre deux points (source et mer). On peut maintenant imaginer un moulin à eau que l’on placerait sur cette rivière. Ce moulin tire alors de l’énergie du courant d’eau (la métaphore marcherait aussi avec un barrage hydro-électrique, mais ça fait tout de même moins beau!). Donc on a un système (le moulin) qui tire son énergie d’un flux (la rivière) établit entre 2 points d’énergie différente: en effet, d’après les lois de la physique, chaque point de l’espace possède une « énergie potentielle gravitationnelle » qui pour simplifier dépends sur Terre, de son altitude.

On retrouve cette situation dans de nombreux autres systèmes sur Terre: Une éolienne qui tire son énergie du vent, flux d’air entre une zone de haute pression et une zone de basse pression; une machine à vapeur qui tire son énergie d’un flux de chaleur entre une zone chaude et une zone froide; un moteur électrique qui tire partie d’un flux d’électrons se déplaçant d’une borne – vers une borne +; etc… (en fait, pour être plus précis, chaque système cité ici est un système convertisseur d’énergie: l’éolienne convertit du vent en électricité, la machine à vapeur de la chaleur en mouvement, un moteur électrique de l’électricité en mouvement).

« Bon, ok, mais ça a quoi à voir avec la vie ça? » me direz-vous!

Et bien, c’est tout simplement que tout être vivant est un de ces moulins! Je m’explique: il y a des molécules (sortes d’amas d’atomes liés entre eux) plus ou moins énergétiques (points d’énergies différentes). Les réactions chimiques sont en fait des transferts d’énergie entre des molécules (qui en même temps modifient les composition en atomes des molécules, mais là n’est pas le sujet). Ainsi, une réaction chimique peut être vu comme un flux énegétique entre deux états. A partir de là, il est possible de tirer parti de ce flux pour en extraire de l’énergie. Et c’est exactement ce que font chacunes de nos cellules: pour la plupart, les cellules utilsent du sucre (molécule très énergétique, notamment du glucose) qu’elles métabolisent (c’est-à-dire qu’elles font subir au sucre tout une série de réactions chimiques ayant pour but de lui subtiliser un peu d’énergie) jusqu’à rejeter du dioxyde de carbone (molécule beaucoup moins énegétique).

Nous sommes donc bien des moulins!

Pour être plus précis, nous sommes des systèmes parasites qui détournent une partie de l’énergie qui arrive sur Terre afin de nous reproduire.

Ainsi, ma réponse à la question ô combien métaphysique: « Pourquoi sommes-nous? » est triviale: nous sommes là pour exploiter ce flux. Nous sommes là parce qu’il existe ce flux, parce qu’il est exploitable. Nous sommes parce qu’un jour, un système a réussi à détourner de l’énergie de ce flux et à s’en servir pour se reproduire. Depuis, les générations se succèdent, inventant peu à peu des moyens innovants pour exploiter des flux énergétiques.

Mais, d’où viennent ces flux? Sur Terre, on peut simplifier en négligeant certaines sources mineures et n’en retenir que 3. Et je suis presque sur que ces trois là sont à la source de plus de 99% des flux exploitables actuellement:

  • Premièrement: le Soleil. Cet astre rayonne de l’énergie vers la Terre sous forme de lumière. Cette lumière vient chauffer certaine zones du globe. D’une cette énergie est exploitable presque directement par les plantes (leur astuce étant la chlorpylle, molécule dont le niveau énergétique peut être élevé par exposition à la lumière); mais la chaleur produite permet l’évaporation de l’eau pour former les nuages et la formation de zone atmosphériques à haute pression. Les nuages transportent l’eau vers les montagnes et l’y derversent formant des rivières. Des vents se forment aussi depuis les zones à hautes pression vers les zones à basse pression. etc… Ainsi, l’énergie solaire forme des zones à haute énergie d’où s’écoulent des flux vers les zones à basse énergie.
  • Ensuite il y a l’énergie enfermée dans le centre de la Terre sous forme d’éléments radioactifs (très énergétiques!) Le moulin pour cette énergie prend la forme des centrales nucléaires!
  • Enfin, il y a la Lune, dont l’attraction déplace d’énormes quantités d’eau, formant ce qu’on appelle communément… les marées!

Ces trois phénomènes prennent leur source à la formation du système solaire: l’énergie solaire (contenue dans les molécules de dihydrogène) et les isotopes radioactifs proviennent tout simplement de la nébuleuse en elle-même tandis que l’énergie de la lune provient du mouvement qui à été imprimé au système solaire tout entier à partir de sa naissance par les forces de gravition.

Remarque: on peut percevoir l’atmosphère et l’hydrosphère (toute les eaux libres de la surface de la Terre) comme des concurrents puisqu’eux aussi détourne l’énergie solaire pour leur propre compte!

De même, les carnivores détournent l’énergie des autres carnivores et des herbivores qui eux-mêmes détournent l’énergie du Soleil!

Les êtres vivants constituent donc de véritables empilements de concurrents qui se piquent de l’énergie. On appelle ces empilements, « chaines alimentaires »!

Et là, pour ceux qui s’y connaissent, j’ai relié les sciences physiques aux sciences écologiques!

Pour finir sur une touche philosophique: d’après ma conception de la vie, les êtres vivants n’existent que pour détourner de l’énergie pour leur propre compte, donc en fait, les êtres vivants n’existent que pour vivre!

Voilà donc ma raison de vivre: vivre!

Ensuite, y’a des objectifs secondaires comme se reproduire… puisque la structure des systèmes vivants est nécessairement ouverte, c’est-à-dire qu’il doit y avoir des flux énergétiques de l’extérieur d’un système vivant vers l’intérieur et vice-versa. Or, cette ouverture ouvre la voie à des processus de dégradation de sa structure, de son ordre, de l’information qu’il renferme. Bref, le système doit lutter pour maintenir sa structure et une façon efficace de maintenir le processus de métabolisation, c’est de l’améliorer. Pour cela, une façon efficace est de faire des essais (se reproduire) et puis de laisser sa place lorsqu’on est dépassé (mourir…).

Et pis, y’a des objectifs tertiaires comme se divertir. Le divertissement étant imposé par notre condition humaine…

Bref, tout ça pour dire que je n’ai pas besoin d’un dieu pour m’expliquer ce que je fous là et que je n’ai besoin de personne pour me dire ce que je dois faire 😀

Ginklpios, la liberté c’est cool quand même!

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lundi 26 novembre 2007

De la vacuité du monde. Du sens de la vie.

Filed under: Reflexion — ginklpios @ 23:16
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Cet article est entièrement basé sur mes conceptions personnelles, je ne désire convaincre personne.

Nous avons tous, je pense, un jour ressenti cette puissante absence de sens ou de but général. Ce vent de désolation qui balaie les fragiles édifices de nos intérêts quotidiens. Le monde semble alors vide. Rien a de sens, chaque but semble plus vain que l’autre.

En effet, en y regardant de plus prêt, en essayant de remonter étape par étape les simulacres que sont les chaines de cause à effet on arrive toujours à un point qui ne trouve aucune cause logique. Seulement un « pourquoi » qui semble se perdre dans l’infini du vide. Il me semble logique que ce soit ce sentiment qui a poussé certains hommes à chercher des réponses surnaturelles à cette question. Des causes plurielles tout d’abord, puis la Cause, l’Unique, le Dieu des monothéistes.

La pensée de ces dieux me semble particulièrement anthropique; en effet, du moins dans la culture occidentale, la conséquence est associée au but. La quasi-totalité de nos actions étant motivées par des buts. Pourquoi toutes les conséquences n’auraient pas pour origine un but initial? Il est toute à fait possible de concevoir une relation de cause à effet sans but particulier. C’est seulement le fonctionnement de notre cerveau qui est biaisé par son habitude de décrypter la volonté d’autrui par l’analyse de ses actions. C’est donc notre vision anthropocentrique du monde qui selon moi a créé nos dieux. En effet, en perdant cette habitude de rechercher un but partout, l’absence de cause première n’est pas gênante. Nous pouvons alors accepter pleinement le hasard, l’absence complète du but dans les processus naturels et ainsi résoudre -ou plutôt éviter- la grande question: pourquoi suis-je?

En revanche, le fait d’intégrer le hasard et la vacuité du monde ( l’absence complète du but dans les processus naturels ) met à plat l’intégralité des importances. Rien n’est plus important que quoique ce soit d’autre. Cette perspective, pleinement intégrée à la pensée mènerait sans doute n’importe qui au suicide (plus ou moins volontaire).Heureusement, nous ne sommes pas faits pour le suicide (non pas qu’il y ait une volonté qui aille à l’encontre du suicide, mais si nous « étions faits pour le suicide », nous ne serions pas là pour en parler 😉 ). En effet la vie n’est possible que grâce au renouvèlement permanent des êtres. Si tous les individus se tuaient avant de se reproduire, il n’y aurait pas de vie. Ainsi, nous sommes d’un certain point de vue, faits pour vivre – car nous vivons. La vie est un cercle vertueux (auto-entretenu). Les causes et les conséquences de la vie forment donc aussi un cercle vertueux. C’est donc l’histoire de la poule et de l’œuf. Qui est apparu le premier? Quand la vie a-t-elle commencé?

Bien qu’elle le fasse avec beaucoup de difficultés, la science nous apporte un début de réponse: tous les atomes dont nous sommes constitués existent en dehors de l’action de la vie. Un certain nombre de molécules dont nous sommes constitués sont même présents dans les nébuleuses dans l’espace. Je pense par exemple aux acides aminés. Les scientifiques ont donc chercher à reproduire une possible transition d’un système minéral à un système vivant. Les différentes tentatives réalisées sont peu concluantes, mais néanmoins, cette hypothétique transition est théoriquement possible – les scientifiques en ont élaborés des scenarii probables. Nous serions donc les simples produits de réactions chimiques minérales qui seraient parvenues à s’auto-entretenir – à se reproduire. Les fruits du hasard.

Nous avons donc en fait un but intrinsèque qui est à la fois sa cause et sa conséquence: vivre.

Ginklpios, qui ne pense pas que rien n’est plus important que quoique soit d’autre mais plutôt que tout est plus important que le reste 😉

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