Reflexio

samedi 1 décembre 2007

Sheep effect – Effet mouton.

Filed under: Reflexion — ginklpios @ 23:12
Tags: , , ,

Définition: effet de masse affectant des êtres possédant un système de traitement de l’information leur permettant d’imiter leurs semblables. Il se caractérise par un comportement grégaire et totalement dénué de réflexion des individus du « troupeau ».

Ce phénomène affecte toutes les classes de la population et tous les âges avec une pénétration plus ou moins forte qui dépend souvent du contexte social.

Il affecte notamment les jeunes (entre 12 et 25 ans), mais il reste très présent plus tard dans la vie des individus sous une forme moins visible.

I) Les raisons du pourquoi du comment.

La capacité d’apprentissage de l’homme passe par l’imitation. Notre espèce est dotée d’une énorme propension à l’imitation. Pour diverses raisons culturelles et sociales (sentiment tribal, peur de la honte, de l’exclusion, etc…) ce phénomène peut-être accentué dans nos sociétés dominées par les simulacres – les apparences, si vous préférez – . Un phénomène illustre parfaitement ce concept: l’effet de mode. Voila donc une raison – multiple – de l’effet mouton.

Mais une autre composante entre en jeu: le fait que l’effet mouton ne fonctionne que sur des individus lobotomisés (temporairement ou définitivement). Cette absence de cogitation est dans la quasi-totalité des cas d’origine socio-culturelle. Un des principaux acteurs de cette disparition de la réflexion est la télévision. Elle diffuse la « culture TF1″ qui au nom de ses objectifs financiers ne renonce pas à priver la France d’une part significative – bien que dispersée – de son pool d' »intelligence » – si je puis dire – .

Le cerveau de ces individus passe alors en « mode sans échec », privés de ses routines habituel, ne faisant plus fonctionner que ses fonctions basiques – notamment cette fabuleuse capacité d’imitation. Ce fonctionnement possède en plus la qualité de rassurer ses utilisateurs de par la présence d’individus semblables à proximité et grâce au fait que le doute ne peut émerger sans questionnement (qui nécessite un effort intellectuel certain).

II) Sheep leading – Mener les moutons.

Il existe deux types de sheep leading: les modes passifs et actifs.

Le mode passif qui se caractérise par un sheep leader – meneur de mouton n’ayant pas l’ambition d’être suivi peut lui-même avoir deux causes différentes:

  • Le type passif>aléatoire: le sheep leader agit de façon irréfléchie et/ou aléatoire. Le sheep leader est un mouton qui s’est mis en action par hasard.
  • Le type passif>motivé: le sheep leader est cet fois-ci animé par un but – le plus souvent personnel – et le poursuit plus ou moins consciemment. Il n’appartient pas forcément au troupeau.

Le mode actif se caractérise par un sheep leader ayant la volonté de se faire suivre pour des raisons souvent lucratives. Le sheep leader manipule si c’est nécessaire son troupeau – rarement utile en raison de l’apathie des individus concernés – . Il existe plusieurs techniques de manipulation à plus ou moins long terme et d’intensité plus ou moins forte (pseudo-autorité, charisme, rumeurs, utilisation pour son compte des conventions du troupeau, etc…).

III) Conséquences sociales.

Le sheep effect est enraciné dans la culture humaine. Et pour cause, la culture dépend de la capacité des individus à s’imiter les uns les autres. Le problème vient du fait qu’aucune réflexion, aucun jugement n’est porté par les moutons sur les conséquences sur eux-mêmes de cette imitation.

Dans nos sociétés dominées par la culture de l’impulsion (achat impulsif) et de la consommation de masse, le sentiment d’appartenance à un groupe est assuré par un sheep effect de type tribal. Les comportements quotidiens sont conditionnés par des conventions respectées grâce à l’effet mouton.

Le problème vient du fait que les moutons adoptent des comportements inconscients qui peuvent porter atteinte à leur santé. De plus l’effet mouton fonctionne en cercle vicieux: une fois le cerveau passé en « mode sans échec », l’individu perd sa capacité de jugement, il ne se rend pas compte de la stupidité de ses actes. Il n’a alors aucune raison de repasser en fonctionnement « normal ». La sortie de l’effet mouton passe souvent par une action extérieure: souvent un questionnement qui oblige le mouton à porter un jugement sur lu-même (ce processus peut passer par un jugement indirect: sur les autres moutons du troupeau puis par la mise en évidence de l’appartenance au troupeau du sujet). L’effet mouton pose aussi problème lorsque le sheep leader est de type actif et possède des intérêts portant atteinte au troupeau.

IV) Des solutions?

Pour résoudre ce problème récurrent, il me parait important de tarir la source de cette lobotomisation massive de la population. Seulement, de par le sentiment de sécurité et de torpeur que produit le sheep effect, les moutons sont par nature réfractaire à toute tentative d’extraction du troupeau. De plus, les intérêts financiers possèdent une influence particulièrement puissante sur les individus avides de pouvoir qui occupent les plus hauts postes politiques et économiques. Sans parler du fait que le questionnement, source de doute est particulièrement inconfortable et qu’il nécessite un effort intellectuel. Il faudrait donc un changement radical de notre société pour espérer une amélioration. C’est donc sur une note pessimiste que se clôt cet article.

Ginklpios, tiraillé entre une paresse quasi-génétique et un miroir céphalique particulièrement poli.

Publicités

Propulsé par WordPress.com.