Reflexio

dimanche 25 novembre 2007

Nous sommes déjà des cyborgs.

Filed under: Reflexion — ginklpios @ 20:09
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Cyborg contraction de « cybernetic organism« .

L’acceptation populaire de ce terme est: la fusion de l’être organique et de la machine.

Je passerais rapidement sur la définition de l’être organique: un être composé majoritairement d’élément organiques ( C, N, O, P essentiellement) et dont le métabolisme est basé sur la chimie du carbone. On peut considérer un être organique comme une machine particulière (à ceci près qu’il n’a pas forcément été pensé, selon votre conception 😉 ).

La machine, d’après wikipedia: « un dispositif, utilisant une ou plusieurs technologie(s) capable d’effectuer seul un ou plusieurs travaux pour lequel il a été pensé et manufacturé« . La différence avec un outil est que l’outil n’est pas destiné à travailler seul, il assiste l’homme dans une tâche. L’outil est sensé faciliter ou améliorer l’exécution d’une tâche par un homme. Cependant ces deux notions possèdent des limites très floues: quelle machine fonctionne de façon totalement automatique? Je n’en trouve aucune. Toutes les « machines » conçues par l’homme, à l’exception de certaines créations récentes de laboratoires (qui sont toutefois aussi des outils, puisqu’ils permettent aux chercheurs de tester leurs théories, ce qui revient à assister un travail), l’ont été comme des outils. Je parlerais donc d’outils dans la suite du développement.

La fusion. Ce serait l’intégration physique de la machine dans l’être organique ou l’inverse. Cela permettrait des interactions profondes entre les deux parties. Cependant, que pensez-vous de nos interactions avec nos outils? Elles sont plus ou moins développées. C’est-à-dire que la différence entre un cyborg et un être organique muni d’un outil ne serait que quantitative?

Je vais prendre quelques exemples pour vous montrer que nous sommes déjà presque en fusion avec certains de nos outils:

  • Les vêtements: nous les portons quasiment en permanence. Pour certains, on parle de « seconde peau ». Quelle différence y aurait-il entre un vêtement intégré à notre organisme et nos vêtements quotidiens s’ils avaient les mêmes fonctions?
  • Les téléphones mobiles et autres PDA: nous sommes nombreux à ne plus pouvoir s’en passer. Ils nous accompagnent partout et sont de véritables extensions de notre mémoire. Qui pourrait réciter de tête ne serait-ce que 10% des numéros que contient son répertoire? De la même façon que nos organes de la parole, ils nous permettent de communiquer sous certaines conditions.
  • Pour une grande partie, nous sommes aussi dépendants (ou presque) de nos ordinateurs connectés au web. La toile est pour certain une extension de leur mémoire: qu’une définition, une traduction ou n’importe quel élément culturel leur manque et ils tapotent deux ou trois mots dans un moteur de recherche afin d’accéder à l’information convoitée.

Cependant, en lisant ces exemples, vous avez certainement mis le doigt sur une différence non quantitative: des outils intégrés à notre organisme seraient peu ou pas interchangeables compte tenu de leur nature. Pour résoudre ce problème, il suffirait de définir des normes de compatibilités comme par exemple pour le matériel informatique (ex: la norme USB).

Il me semble donc que depuis que l’homme (ou ses/son ancêtre(s) ) utilisent des outils, il est un cyborg.

Mais une crainte peut persister: celle de la domination de l’homme par la machine. Elle va de pair avec l’augmentation des interactions. Ce cas est particulièrement bien illustré par le symbiotisme en biologie : le symbiote et son hôte interagissent de plus en plus grâce à leur évolution commune jusqu’à fusionner physiquement. Cependant si on prive l’un de l’autre, les répercussion sont d’autant plus grandes que le symbiotisme est stricte, jusqu’à ce que les deux organismes ne puissent plus vivre l’un sans l’autre. Dans ces conditions, qui de l’hôte ou du symbiote est dominant?

Physiquement? Aucun des deux puisque leur séparation signifierait leur destruction.

En revanche, psychologiquement, le problème est plus complexe. Il pourrait apparaitre des problèmes de dépendance entre l’homme et sa « partie machine ». Cependant, vous vous en rendez compte: les phénomènes de dépendance entre homme et machine existent déjà. Ils entraînent une modification du comportement de l’être dépendant. Il est manipulé.

La crainte de la fusion entre l’homme et la machine est donc superficielle. Nous sommes d’ores et déjà des « cyborgs ». Nos « parties machine » ne sont pas encore incorporées dans nos corps, mais quelle différence y aurait-il entre un tournevis qui sortirait de l’une de nos phalanges et un tournevis incorporé à un couteau suisse qui résiderait en permanence dans notre poche? Quant à la domination des hommes par les machines, elle semble déjà avoir commencé.

Et puis, de toute façon, ne sommes nous pas que des machines extraordinairement complexes?

Ginklpios (peut-être ne suis-je qu’un bot vivant dans l’internet et dont l’un des organes de communication serait ce blog…)

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