Reflexio

samedi 26 janvier 2008

Un combat qui ne devrait pas avoir lieu.

Avez-vous déjà entendu parler de créationnisme ou d’Intelligent Design?

Ce sont deux théories de la formation du monde et de son évolution (ou pas) au cours du temps.

Dans ses grandes lignes, la première, dite théorie de la Création, relate l’histoire de la création à partir de rien du monde en 6 jour par le dieu des monothéistes (chrétiens, juifs et musulmans – dans l’ordre alphabétique). Cette théorie indique que le monde aurait été créé il y a entre quelques milliers d’années (le 23 octobre 4004 av. J.-C. selon James Ussher) et quelques milliards d’années (pour ceux qui ne contestent pas la datation scientifique de la formation de la Terre). Ils ont en communs de nier toute forme de transformisme dans l’histoire des êtres vivants; i.e. que les êtres vivants ont été créés tels qu’on les trouve encore aujourd’hui et qu’ils n’ont jamais changé, de quelle manière que ce soit.

La seconde théorie, élégamment appelée Intelligent Design est une théorie plus lâche par rapport aux 3 principales religions monothéistes. Elle accepte la notion de transformisme mais selon elle, cette évolution des êtres vivants ne pourrait qu’être guidée par un esprit mu par la volonté d’aboutir sans doute à notre espèce et non par le plus vide des hasards.

Le problème, vous le voyez sans doute, provient du fait que depuis 2 siècles, une théorie scientifique se propose d’expliquer l’évolution des êtres vivants et qu’elle contredit la Genèse (mythes fondateurs des religions judéo-chrétiennes) et sans doute certains éléments de l’islam (ne connaissant pas les mythes des 3 religions, je ne m’avancerais pas plus!).

Lorsque l’on contredit un croyant, la première chose qu’il fait c’est d’essayer de vous convaincre que vous avez tort et qu’il a raison. C’est le combat mené par les tenants de la théorie de la Création. Ce combat est totalement infondé. En effet, il est inutile de confronter deux théories n’appartenant pas au même domaine du savoir: un mythe religieux fondé sur des écrits qui font autorité (encore que…) et une théorie scientifique élaborée à partir de faits observables. Pourquoi me direz-vous, ne peut-on pas les opposer? un argument est un argument! Comme ces 2 théories n’appartiennent pas au même domaine de connaissance, les arguments de leurs défenses appartiennent eux aussi à 2 domaines différents. Aucune confrontation ne peut être espérée entre les arguments d’un tel débat qui est donc totalement stérile.

En réaction, certaines personnes ont voulu mettre la théorie créationniste sur le plan scientifique afin de pouvoir engager un véritable débat. De cette intention est né l’Intelligent Design. Se voulant être une théorie scientifique, l’ID se doit de respecter les faits. Comme les sciences paléontologiques sont largement acceptées dans le monde scientifique, il n’était pas raisonnable de les contredire. L’ID accepte donc la notion de transformisme et la datation scientifique de la formation de la Terre. En revanche, l’idée fondatrice de l’ID est que la complexité actuelle des êtres vivants est telle qu’elle n’a pas pu être engendrée par le plus pur des hasards. (Petit rappel: selon les théories darwiniennes – et oui, il y en a plusieurs variantes! – le hasard est le moteur de la variation et donc de l’évolution – grâce à la sélection). Il faut donc y voir l’action d’un grand penseur capable de modeler les êtres vivants. Et c’est la que se situe le chiasme entre cette théorie et la science: cette hypothèse n’est pas du tout testable. Ce n’est rien de moins qu’une allégation qui n’a aucun poids scientifique. Pour une théorie qui se veut scientifique, contenir une telle hypothèse fondatrice invérifiable, c’est se voir réfuter par le monde scientifique entier! En effet, la définition épistémologique d’une théorie scientifique intègre depuis Karl Popper le critère de réfutabilité. De plus, si on analyse plus profondément les sources politiques et financières de cette théorie, on se rend vite compte que les intentions des tenants de cette théorie n’ont pas pour seul objectif de faire avancer la science… (source: wikipedia ). Les tenants de l’ID s’engagent donc dans un combat malsain en essayant de tromper le grand public en se faisant passer pour une théorie scientifique.

Ces deux combats qui ne sont en fait que 2 batailles d’une même guerre stérile ne devraient pas avoir lieu. Les croyances religieuses et les connaissances scientifiques ne sont pas confrontables. Aucun débat entre les 2 ne peut être fondé.

Mais puisque de toute manière, aucune guerre ou presque n’est fondée et que pourtant toutes ou presque sont menées, je vous invite à défendre la science non pas en réfutant la doctrine, puisque cela n’est pas possible, mais en convaincant de la stérilité du combat.

Comme certains l’ont dit: Peace and love.

Ginklpios, qui se demande si la paix est réellement possible – Si vis pacem, para bellum.

mardi 1 janvier 2008

Nous.

Quelques petites données sur l’Homo sapiens, juste comme ça, parce que j’avais envie 😉

Tout d’abord un petit rappel, pour ceux qui auraient rangé cela consciencieusement dans un recoin de leur encéphale: nous sommes des animaux! Petit rappel phylogénétique (rapide): nous sommes des eukaryotes, opistochontes, vertébrés, tétrapodes, mammifères, primates (hominoïdes, hominidés, homininés). Nos « cousins » les plus proches sont ceux que l’on appelle les « Grands singes »: Orang-Outan, Gorille, Chimpanzé et le plus proche: le Bonobo avec les gibbons, nous formons la super-famille des hominoïdes, les singes sans queue.

Nous appartenons à une espèce récente, c’est-à-dire que nos ancêtres d’il n’y a pas si longtemps étaient différents de nous. Mais cette évolution qui a séparé notre branche de celle des autres grands singes n’a laissé de traces que dans des fossiles. On a retrouvé l’empreinte de ce buisson qu’est notre arbre généalogique un peu partout dans le monde. Je parle bien d’un buisson, en effet, notre espèce n’est que le rameau terminal d’une des branche que porte le « tronc » des australopithèques. Rapidement, on retiendra tout de même la succession australopithèques, Homo habilis, Homo erectus, Homo sapiens, avec tout de même 2 branches parallèles à la notre: Homo neandertalensis et Homo floresiensis, le petit dernier descendant l’Homo erectus et qui n’a été découvert qu’en 2003 en Indonésie. Il me parait important de souligner que tous les Homo actuellement présents sur Terre appartiennent à la même et unique espèce: Homo sapiens. Inutile j’espère de préciser qu’il n’y a aucune sous-espèce, variété, race ou sous-division dans notre espèce. Les variations interindividuelles sont largement supérieures aux variations qui pourraient exister entre des populations, ethnies ou peuples.

Un autre aspect important à mes yeux: notre espèce ne se distingue des autre que quantitativement: nous ne possédons pas de molécule particulière, pas de type cellulaire original, pas même d’organe qui sorte de l’ordinaire. De même notre culture n’est pas un fait isolé. En revanche, nous pouvons nous reconnaitre une différence d’ordre quantitative par rapport à d’autres espèces: un volume crânien plus élevé, une capacité à communiquer hypertrophiée, une culture plus étendue, etc…

De plus, il n’est pas difficile de constater que notre espèce a plutôt bien réussi en terme de développement de sa population. L’homme est présent sur tous les continents. Sa réussite il la doit à de nombreux facteurs.

Une extraordinaire faculté d’adaptation.

De part ses origines simiesques, l’ancêtre de l’homme (pour simplifier) possède quelques caractéristiques intéressantes comme: des mains munies de pouces opposables, terriblement pratiques pour saisir des objets, un boite crânienne relativement développée et une aptitude à la vie sociale bien ancrée dans son comportement. Ces trois caractéristiques vont permettre l’évolution des ancêtres des australopithèques jusqu’à nous. Elles vont favoriser le développement de notre intelligence grâce à l’interaction avec nos semblables et avec nos outils. Cette évolution va découler des modification subies par l’environnement de nos aïeux dans le grand est africain. Certains grands singes de la région du rift vont passer de la forêt tropical à la savane lors de l’ouverture du dit rift. Ces singes vont alors changer de mode de locomotion, passant progressivement d’un mode arboricole à la bipédie qui ne sera accomplie qu’avec l’apparition de l’Homo erectus. On les surnommera plus tard australopithèques. L’Homo habilis dont la physionomie fait déjà un grand marcheur va coloniser de nombreux continents et fabriquer des outils sophistiqués en pierre taillée. L’Homo erectus, lui va parfaire son anatomie, faisant de lui un grand coureur. C’est ainsi qu’il va coloniser tous les continents. L’Homo sapiens est caractérisé par un volume crânien encore plus élevé. En revanche, les plus grandes capacités crâniennes ont été mesurées chez des Homo neandertalensis (tandis que les plus petites ont été mesurées chez Homo floresiensis, de part son insularité). La séparation avec les autres homininés a donc pour principales caractéristiques l’acquisition de la bipédie et l’augmentation du volume crânien.

La seconde évolution.

Comme je l’ai déjà exprimé dans cet article précédent, l’augmentation du volume crânien des ancêtres de l’homme s’est accompagnée de l’augmentation de l’étendue de sa culture, lui permettant d’augmenter considérablement son emprise sur son environnement, ce qui a permis l’expansion à tous les continents de son aire de répartition. Aujourd’hui, cet seconde évolution s’apprête à permettre la troisième évolution, ou la reprise de l’évolution physique de l’homme motivée non pas par la sélection naturelle mais par la propre main de l’homme.

Cette troisième évolution va avoir des conséquences éthiques importantes que nous allons devoir surmonter… en effet, nous avons déjà du mal à gérer cela alors que nous avons les même corps, que nous partageons globalement le même patrimoine génétique. Qu’en sera-t-il lorsque certains auront dénaturé leur corps ou même leur gènes voire lorsque d’autre se séparerons de leur corps organique? J’espère que nous saurons respecter et maintenir l’égalité des droits de chacun.

Ginklpios, pour vous, ce n’est peut-être que de la science-fiction; pour moi, c’est tout simplement l’avenir.

mardi 27 novembre 2007

La culture, ou comment l’homme s’extirpe de la nature.

Filed under: Reflexion — ginklpios @ 16:53
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Je vais choisir le point de vue éthologique (science qui s’intéresse aux comportements animaux) pour définir la culture: « tout comportement, habitude, savoir, système de sens (en anthropologie) appris par un individu biologique, transmis socialement et non par héritage génétique de l’espèce à laquelle appartient cet individu. » (source:wikipedia)

L’évolution « naturelle » des êtres vivants est essentiellement génétique (bien que des facteurs dits épigénétiques se laissent entrevoir par les scientifiques depuis peu). C’est donc une évolution relativement lente. Toutefois, depuis pratiquement les débuts de la vie, les êtres vivants ont mis en place des systèmes d’adaptation rapides. Les premiers sont attribuables aux bactéries qui peuvent par exemple adapter leur métabolisme à la source de nourriture présente dans le milieu. De manière générale, les êtres vivants ont développé ce genre de mécanismes: un système de perception qui envoie un message à un système qui réagit en réponse. On connait de tels mécanismes à différentes échelles: récepteur à protéine G, système hormonal, système nerveux. Bien que leurs paramètres varient, ces systèmes fonctionnent tous selon le schéma énoncé.

Le système à protéine G fonctionne à l’intérieur de nos cellules,tandis que les systèmes hormonaux et nerveux font partie des systèmes de communication intercellulaire. L’action du premier est lente et durable tandis que l’action du second est rapide mais plus temporaire et suppose la mise en place d’un réseau nerveux. Grâce à l’évolution génétique, les systèmes nerveux sont parvenus à stocker durablement de l’information. On appelle cela la mémoire. Ceci est un point primordial. En effet, la capacité des systèmes nerveux à enregistrer, stocker et lire de l’information n’est pas sans rappeler la fonction de l’ADN, des polymérases et des ribosomes.

Cependant, il y a une très grande différence entre les deux systèmes: l’enregistrement (et la modification) des informations stockées est orientée dans un réseau nerveux, tandis que la modification de l’information génétique est aveugle, dépendante du hasard. L’évolution des informations contenues dans un réseau nerveux peut donc être orientée et non laissée aux facéties du hasard. Le système nerveux permet aussi une très grande flexibilité alliée à une vitesse d’évolution particulièrement élevée.

Les animaux qui ont acquis de tels réseaux nerveux ont beaucoup gagné en adaptabilité et en vitesse d’adaptation. Mais les systèmes nerveux permettent encore plus que tout cela!

En effet, les informations y sont stockées de manière virtuelle, dont aisément multipliables (cela explique aussi pourquoi l’information nerveuse est modifiable aisément et rapidement). Recopier l’information dans un même cerveau est totalement inutile, en revanche, la recopier dans un autre cerveau est révolutionnaire!

C’est cet acte de transmission que l’on appelle culture. En passant d’un corps à l’autre, l’information culturelle s’affranchit des limites corporelles, celles de l’information génétique, celles de la nature. Elle devient potentiellement immortelle tout en conservant sa capacité à évoluer. Son évolution n’est conditionnée que par l’usage qui en est fait par les individus, qui dépend partiellement du reste de la culture. Il existe un théorie des mèmes qui décrit l’évolution de particules culturelles mais on s’éloigne de mon propos (qui est parti de loin tout de même 😉 ).

La culture, en évoluant a donné les moyens à l’homme de modifier ses caractéristiques physiques grâce aux outils. Nous sommes devenus des cyborgs. La culture a ainsi rajouté une dimension à notre évolution qui a gagné un rapidité mais qui est surtout orientée: à un problème, nous fournissons une solution testée virtuellement et donc déjà sélectionnée (plus ou moins bien… mais ceci est un autre débat). Aujourd’hui, à l’aide d’outils, la culture est parvenue à nous donner les moyens d’agir directement sur notre information génétique. Il se peut que demain elle nous permette de nous affranchir de notre « condition humaine » en nous fournissant des corps intégralement maitrisables de façon consciente ou encore des corps « immortels ».

Ginklpios, qui aime faire fonctionner ses neurones pour recopier, modifier et distribuer de l’information.

lundi 26 novembre 2007

Mais, alors, pourquoi la mort?

Filed under: Reflexion — ginklpios @ 23:19
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Cet article fait suite… au précédent!

La mort est une fâcheuse conséquence de la vie. La mort peu avoir deux raisons: externe ou interne. Les causes externes sont dues au hasard. Les causes internes sont plus complexes. Un être vivant est un système ordonné. Il est issu d’une suite de réactions chimiques – le métabolisme. Ce métabolisme produit un être qui interagit en permanence avec l’extérieur. Pour continuer à subsister, il doit donc être adapté au milieu extérieur. C’est pourquoi les êtres vivants évoluent: tout simplement parce que le milieu extérieur évolue. Or dans un être vivant ( tels qu’on les connait, du moins) l’ordre est maintenu grâce à la lecture d’une information stockée dans l’être – chez nous, c’est en grande partie l’ADN. Jusqu’à récemment, la vie n’a eu aucun moyen pour guider les changement de cette information. Le changement n’était introduit que par des mutations aléatoires. Or, les êtres vivants se reproduisent (sinon les causes externes tuent à un moment à un autre l’unique être vivant- qui ne l’est donc plus…) ainsi, au gré des mutations aléatoire, il apparait des êtres plus ou moins adaptés à leur milieu. Les plus aptes à la reproduction perpétuent leurs génomes tandis que les génomes les moins adaptés disparaissent. C’est grossièrement la théorie de l’évolution. On peut donc penser que cette sélection ce suffit à elle-même pour permettre aux espèces de subsister. C’est ce qui se passe chez certaines d’entre elles. Cependant, ce modèle ne permet qu’une évolution lente: dans un milieu, les ressources son toujours finies. Il ne peut donc exister simultanément qu’un certain nombre d’individus. Si les individus étaient immortels, une fois qu’une souche aurait été sélectionnée, elle remplacerait peu à peu la totalité des individus de la population. Imaginons alors qu’un changement brutal se produise dans le milieu de vie de notre population. Comme tous les individus sont quasi-identiques, si l’un est inadapté, c’est la population entière qui est inadaptée et qui disparait donc du milieu. La mort est donc un mécanisme qui, avec la reproduction sexuée optimise la diversité génomique d’une population à un instant donné. Cela optimise aussi la chance qu’au moins quelques individus soient adaptés au changements du milieu.

Ginklpios, qui espère toute fois vivre longtemps après sa reproduction 😉

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