Reflexio

dimanche 12 avril 2009

Révolutions

Filed under: libre,NTIC,Reflexion — ginklpios @ 17:27
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Dans la veine de ces longs et interminables pavés qui ont constitué mes premiers balbutiements sur ce blog, le billet suivant est aussi intéressant que long (à mon sens) et dénué de la moindre référence (je sais, c’est le mal). Cependant, je ne pouvais pas faire plus court sans sacrifier mon argumentaire et le bibliographier est au dessus de mes forces. Bonne lecture.

J’ai toujours pensé que les grands faits historiques, ceux qui sont relatés dans les manuels scolaires d’Histoire-Géographie, les mêmes dont nos chers professeurs essaient de nous en faire saisir l’importance et l’intérêt, étaient vécus intensément par leurs protagonistes. Que ces derniers ne pouvaient vivre en les ignorant; qu’ils les subissaient de plein fouet ou y étaient impliqués corps et âme. Bref, qu’ils ne pouvaient passer à côté ou y échapper.

Cependant, il semblerait bien que nous soyons dans une grosse crise. Des banques et autres instituts financiers font faillite chaque semaine (ou presque), des usines mettent la clé sous la porte à un rythme tout aussi affolant, faisant grossir les rangs des chômeurs partout dans le monde et par dessus tout, le pouvoir des chats d’achat baisse chaque jour un peu plus. Bref, c’est l’apocalypse en direct-live.

Et pourtant! Et pourtant, croyez-le ou non, mon petit train train quotidien continue son petit bonhomme de chemin comme si de rien était. Quoi! Malgré ce que nous assènent en permanence les mass-media, il serait possible de continuer à vivre normalement? Et bien oui, mon compte repose dans une banque qui a fait des bénéfices en 2008, je n’ai pas d’ouvrier dans ma proche famille et je ne perçois la baisse du pouvoir de mon chat que d’assez loin.

Ainsi, c’est comme cela que le quidam vit des événements historiques? Ça fait certes un peu de vagues dans les media, m’enfin, je ne suis pas en train de me battre dans la rue pour arracher une miche de pain dans les mains d’une fillette de 6 ans qui venait juste de dénicher la-dite miche dans la vitrine éventrée d’une boulangerie pillée… j’ai toujours une ration alimentaire largement au dessus de celle des milliards de personnes et surtout largement au dessus de mes besoins. J’ai toujours mon ordinateur alimenté par le secteur sans la moindre coupure et mon accès à internet. Et par dessus tout, j’ai toujours accès à nombre de distractions que ne m’envierait même pas le pauvre terrien moyen tant il les trouverait futiles.

Tout cela pour dire que l’Histoire, c’est pas comme dans les films catastrophe hollywoodiens. Même dans les grands moments, c’est pas super palpitant. Sans doute un manque d’ambiance sonore… Ils devraient mettre une musique d’ambiance stressante genre film d’horreur quand ils parlent de la « CRIIIISE!!! » au JT de TF1, peut-être que l’on se rendrait un peu plus compte de l’importance historique de la chose.

Bon, c’est sympa tout ça, mais en 5 paragraphes, toujours rien en rapport avec le titre de ce billet… non, je plaisante, écrire pour rien, c’est pas mon truc 😡 Le rapport vous allez le constater au cours de la lecture de la suite, vous inquiétez pas!

Mais avant d’entrer dans le vif du sujet, un bref rappel historico-sociologique:

  • La société, c’est ce qui émane des interactions d’un large ensemble d’êtres humains vivant en communauté.
  • Les interactions entre individus sont possibles grâce à nos modes de communications biologiques (parole, sons, gestes, mimiques, odeurs, etc…) mais aussi facilités ou augmentés par la technologie.

=> Vous conviendrez donc du fait que la technologie influe sur la société en ce qu’elle modifie les interactions entre les individus.

Non, vous n’en n’êtes pas convaincus? Bon, ok, quelques exemples:

  • Invention de l’écriture. Oui, rien que ça. L’invention de l’écriture a permis de fixer les idées sur le papier, de les faire perdurer dans le temps. De les universaliser du fait que quel que soit le lieu, les mots ne changent pas sur le papier. L’écriture à permis de fixer des idées dans le temps et l’espace. Il en résulte l’invention de la loi (au sens des systèmes de loi complexes comme ceux de la Grèce antique; les lois orales existaient depuis longtemps), enfin pérennisée par le support matériel. Loi qui, vous en conviendrez à affecté en profondeur la société. Un peu plus tard, apparaissent celles que l’on appelle les religions du livre. Judaïsme, christianisme et islam sont toutes trois basées sur des écrits fondateurs. Vous constaterez encore une fois l’incidence de l’écriture sur la société!
    Mais pendant longtemps, l’écriture va rester une rareté, accessible uniquement à une élite. Ainsi, la société n’évolue pendant plusieurs centaines d’années qu’au rythme des déplacements humains (à pieds, à cheval, à dromadaire, ou encore en bateau). Et chaque grand déplacement humain (croisades, guerres, commerce ou encore exploration navale) entrainera son lot de bouleversement dans la société, dus naturellement à la communication avec de nouveaux peuples.
  • Une seconde grande étape est, vous vous en doutez peut-être, l’invention de l’imprimerie. L’écriture quitte alors peu à peu les élites pour se répandre dans la population. Je retiens deux grandes mutations dues à ce phénomène. L’apparition du protestantisme, due directement à l’appropriation directe des textes bibliques par des communautés anglo-saxones. Et j’ose le dire, l’époque des lumières qui rayonna en Europe grâce aux communications intensifiée entre les grands penseurs de l’époque, amorcée grâce aux livres imprimés. Si ça c’est pas de l’influence de la technologie sur la société, alors je ne sais pas ce que c’est!
    À partir de cette époque, le rythme d’édition de livres et la quantité de texte imprimé ne cessera d’augmenter de part le monde, facilitant toujours plus l’accès à la connaissance. En parallèle, les liens commerciaux s’intensifient et les échanges d’idées avec. La société, et la culture avec, évoluent comme jamais auparavant. Et comme la technologie découle des idées, le système s’emballe. La science moderne apparait, faisant bondir les avancées technologiques. Dans tous les domaines, les idées sont couchées sur le papier puis répandues via des livres imprimés. Même l’actualité se laisse imprimer dans les journaux! C’est un véritable cercle vertueux qui favorise les échanges qui favorisent en retour la culture et donc la technologie. Pendant que les échanges matériels profitent des avancées technologiques (moteur à vapeur, à explosion, train, voiture, bateau, avions), nous inventons le téléphone, la radio et la télévision. Nous entrons peu à peu dans l’ère de l’information.

Ces deux exemples relatent certaines mutations profondes de la société occidentale amorcées par deux grosses avancées technologiques: l’invention de l’écriture et l’invention de l’imprimerie. Ces deux événements ont provoqué de réelles évolutions. Cependant, il est très difficile d’identifier de réelles périodes de révolution. En effet, les bouleversement se sont répartis sur plusieurs générations (du moins pour toutes celles datant d’avant le XXième siècle). Quand placer une date pour marquer le début de ces évolutions? Je pense que si l’on désire définir le début de ces deux périodes d’évolution accélérées, l’invention des technologies correspondantes sont les bonnes dates malgré le fait qu’elles précédent parfois de plusieurs générations les évolutions socio-culturelles.

Notons par ailleurs une accélération générale du rythme d’évolution. Il suffit de regarder le temps qui sépare deux avancées technologies majeures pour s’en convaincre. De même, on constatera que le XXième siècle concentre à lui seul la majorité des avancées majeures dans de nombreux domaines: scientifique, technologique, sociologique, culturel.

En résumé, nous venons de voir deux technologies informatiques (~ de l’information, terme certes anachronique, mais, je le pense, adapté) qui ont eu des conséquences majeures dans la société occidentale. Cependant, le temps de latence qui sépare l’invention de la technologie et ses grandes applications a souvent duré plusieurs générations.

Voila pour le plantage de décor. Maintenant, regardons un peu autour de nous, dans le présent, dans le domaine de l’informatique. Et bien nous avons deux avancées technologiques majeures dans ce domaine lors des soixante dernières années: l’invention de l’ordinateur(~60 ans) puis l’invention d’internet (~20 ans).

Après la transcription du message sur un support physique (invention de l’écriture) puis la généralisation de ce moyen de communication (invention de l’imprimerie), nous assistons coup sur coup à l’invention d’une machine universelle de traitement de l’information (l’ordinateur) puis à la mise en réseau de ces machines (internet), c’est-à-dire la possibilité d’une communication directe entre deux ordinateurs. Nous avons à présent le moyen d’abandonner le support physique pour rendre à l’information son état originel: virtuel, le moyen de la traiter massivement et le moyen de la communiquer rapidement à travers l’espace à peu de frais.

Nous assistons littéralement à une révolution informatique sans précédent, bien plus puissante que les deux dernières. Maintenant, rappelez-vous les conséquences des deux dernières… imaginez donc les formidables conséquences de la révolution que nous vivons actuellement. Le XXIième siècle promet d’être un siècle particulièrement riche en évolutions scientifiques, technologiques, sociologiques et culturelles majeures.

Seulement, j’ai deux constats à faire:

  • La plèbe n’en a pas du tout conscience (cf les premiers paragraphes! les révolutions ne se vivent qu’a posteriori).
  • Parmi ceux qui en ont conscience, un certain nombre ne pense qu’à prendre le contrôle de cette révolution afin d’en tirer profit.

Et ces deux constats me conduisent à penser que comme les premiers n’ont même pas conscience de ce qu’il se passe, les seconds vont s’en donner à cœur-joie.

C’est un enjeu majeur pour l’avenir de notre société. Et le problème est que cela a déjà débuté. Partout dans le monde, des états et/ou des entreprises cherchent à prendre le contrôle de l’internet. Ce serait sans doute une perte inestimable si tel était le cas. C’est pourquoi certains principes telles que la « net-neutrality », l’utilisation de formats standards et l’utilisation de technologies qui permettent de conserver le contrôle sur ses données doivent être ardemment défendus.

Finalement, il ne me faut qu’un pas pour dire que les geeks (au sens de connaisseurs des Nouvelles Technologies de l’Information et la Communication) et autres libristes sont les ardents constructeurs et défenseurs des futures avancées scientifiques, technologiques, sociologiques et culturelles majeures.

C’est sur ce constat que je clos ce billet qui n’est pas seulement une ignoble auto-congratulation: il se veut être une aide à la prise de conscience des enjeux de la prise de contrôle des technologies informatiques par certains acteurs malveillants. L’informatique est bien plus qu’un vulgaire moyen de mettre en page des documents texte et mérite bien plus de considération qu’elle n’en a actuellement.

De même que la conscience écologique peut prendre la forme d’un hypothétique reproche de nos enfants: « Que faisiez-vous lorsqu’il était encore temps de nous léguer une planète vivable et belle », il serait souhaitable qu’une conscience « libre » apparaisse et qui pourrait se matérialiser par un hypothétique reproche de nos enfants: « Que faisiez-vous lorsqu’ils ont pris possession de l’informatique et de l’internet libre? ».

Ginklpios, qui vous souhaite la bienvenue dans le 3ième millénaire.

jeudi 5 mars 2009

Black-out du Net en France… HADOPI

Filed under: libre,NTIC,Polémique — ginklpios @ 18:13
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Bien que je suive cette actualité depuis le début, je n’ai pas revêtu de noir ce blog… en effet, être hébergé directement par wordpress ne laisse pas beaucoup de latitude. Cependant, je me suis enfin décider à agir en écrivant le présent article.

Loi « Création et Internet » (ne devrait-on pas dire: « Majors et Minitel 2.0 »???), aussi surnommée HADOPI, de l’acronyme désignant l’administration ainsi créée pour nous couper Internet, j’en ai déjà pas mal parlé ici. Vous pouvez rechercher les vieux articles qui en parlent ou directement aller sur le site la quadrature du net qui a lancé l’appel au black-out et maintient une vieille attentive sur le sujet.

Allé, si, je vous donne un lien vers un de mes billets précédents qui a pour avantage de vous guider vers un résumé et/ou une perspective globale de la situation, mais qui date un peu.

Et vive la France…

Ginklpios.

dimanche 8 février 2009

Ça change, bougeons.

Filed under: NTIC,Polémique,Reflexion — ginklpios @ 12:44
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J’introduis ce billet par une vidéo des plus intéressantes: une intervention de Serge Soudoplatoff, ça dure 45 minutes. Elle a été donnée le 4 juillet 2008 au CEDAP et est intitulée : « Comment Internet change nos organisations »

Via le framablog.

Ici, je voulais insérer une vidéo, mais 1é »§!:9_è de wordpress n’accepte que les vidéo de Youtube ou Dailymotion. Vivement que la video soit géré en natif par tous les navigateurs… (bon, au moins Firefox, Opéra et Safari alors…) Donc suivez le liens vers le framablog pour visionner la vidéo!

Entendons-nous bien, j’ai d’autant plus aimé cette intervention que son auteur a un œil critique sur notre beau pays.

Sa critique ratisse assez large (tout comme le reste de son intervention), avec des passages sur la sécurité sociale, sur l’innovation, l’entreprise, sur le monopole bancaire, et naturellement sur la politique du gouvernement sur internet (faut dire que ça, c’est pas difficile…). Et à chaque fois il faut bien dire que sa critique résonne plutôt bien en moi.

Donc voilà ce qu’il en ressort de mes réflexions politiques (qui sont apparues ces derniers mois; avant cela, je ne me sentais pas vraiment concerné par tout cela, malgré le fait que j’ai voté lors de l’élection présidentielle…). Je sais, ça n’a pas grand chose avoir avec la vidéo; et d’ailleurs ne lui associez pas mes commentaires! Mais voilà, ça m’inspire. Et d’abord j’écris ce que je veux sur mon blog! (En espérant ne pas finir en taule tout de même. Ça s’est vu il n’y a pas longtemps dans un pays qui me semble tout de même « civilisé »)

En France, on est face à une politique hybride, ou plutôt « à deux tranchants »: d’un côté on cherche a nous effrayer avec « l’insécurité » et les banlieues. On cherche à stigmatiser toute une génération on les traitant de « pirates » parce qu’ils ne sont pas satisfait de « l’offre culturelle » mise à disposition par les majors. On installe partout des camera de vidéo surveillance, des radars. Mais ceci n’est que la face visible de l’iceberg. Dans l’ombre, on trouve Edwige et les différents registres tenus par l’État et l’armée; on trouve la censure sur internet, camouflée derrière la bonne intention qui veut lutter contre la « pédophilie sur internet »; on trouve la surveillance sur les téléphones portables autant au niveau des conversation que de la localisation de l’abonné.

De l’autre côté on cherche à nous rassurer. On a ce président omniprésent qui semble vouloir s’occuper de tout. Il veut être partout, faire tout, et bien sur ramasser tout le mérite. Il veut nous rassurer sur l’économie, sur la sécurité, sur la culture, sur la « pédophilie sur internet ».

Mais le mal est fait pour tous ceux qui sont un tant soit peu attentifs. Car si le second tranchant est mis en avant, notamment au niveau des média mainstream, le premier tranchant n’en reste pas moins présent et visible, notamment sur les nouveaux média. Et toute la confiance qu’est censée apporter le second tranchant est largement perdue en amont à cause du premier tranchant. Et c’est dire que pour un gouvernement, la confiance est importante!

Avant, du temps où internet n’avais pas encore pris ce rôle de nouveau média, ce premier tranchant n’était que peu visible, seulement véhiculé par quelques titres de la presse. Désormais il existe une multitude de canaux parallèles qui véhiculent, commentent et débattent les actions gouvernementales et la situation du pays (les blogs notamment). Il est fini ce temps où contrôler les média signifiait plus ou moins contrôler l’opinion publique. Les gouvernements vont devoir faire preuve de plus de transparence car s’ils ne le font pas, d’autre s’en chargeront.

Pour conclure, je dirais qu’une révolution est en cours, portée par la révolution de l’information, portée par le web, porté par internet. Censurez internet et vous obtiendrez un immense pouvoir. Oh, mais n’est-ce pas ce que le gouvernement est en train d’essayer de faire?!? (heureusement que ça va être inefficace…) Oui, notre gouvernement est un gouvernement de l’ancien temps, du temps où si l’on ne souhaitait pas dormir, il fallait se réveiller de bon matin. Cela est désormais fini. Aujourd’hui, on peut découcher en allumant simplement son ordinateur pour explorer le WorldWideWeb. Fini le temps on l’on assistait, docilement et passivement (la TV, la RO Culture). Aujourd’hui, nous voulons et pouvons de plus en plus agir (les blogs, les forums, la RW – la free culture => cf. Lawrence Lessig). Il serait temps que le gouvernement se mette à l’article. Et tout d’un coup, les mots « démocratie participative » sonnent plus profondément, trouvent un nouvel écho insoupçonné. Je ne dis pas « votez à gauche ». D’ailleurs, Mme Royale est bien loin de faire l’unanimité à gauche! Non, je dis juste que son leitmotiv de « démocratie participative » semble curieusement dans l’air du temps. De plus, eut-elle été élue, cette « démocratie participative » aurait-elle tenue ses promesses? Je ne peux ni ne souhaite vous donner une quelconque réponse, et après tout là n’est pas le sujet. Je ne souhaite retenir que le concept, l’idée.

Bref, dans ce pays, on écoute trop les lobbys et pas assez les gens compétents (rien que la CNIL par exemple!) mais surtout, on n’écoute pas assez le peuple ou du moins, semble-t-il, croit-on encore pouvoir l’endormir sur tous les sujets…

Ginklpios qui se sent de plus en plus mal à son aise dans ce pays qui commence à être franchement sclérosé.

mardi 3 février 2009

Si ça ne coute rien, ça ne vaut rien.

Filed under: Geek,libre,NTIC,Reflexion — ginklpios @ 14:42
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Si ça ne coute rien, ça ne vaut rien.

Voila un adage assez bien ancré dans notre société. Mais méfions-nous des généralités. Il me semble que cela n’est généralement vrai que pour les plus de 40ans. Pourquoi?

J’ai eu accès à un ordinateur familial connecté au web aux environs de mes 15 ans. Qu’avais-je donc entre les mains? Un ordinateur muni d’un OS (windows 98 puis XP il me semble) et accompagné selon le bon vouloir de Médion (le constructeur de l’ordinateur) d’une suite de logiciel dont personne dans la famille n’aura jamais utilisé plus de la moitié.

Seulement, entendons-nous, pour un adolescent commençant à papillonner sur le web, on se sent rapidement à l’étroit dans cet OS certes joli et user-friendly, mais doté d’outils sous développés ou même dénué de possibilités pourtant bien utiles. Et c’est à ce moment qu’on découvre les télécharger.com et autres clubics. De vraies cavernes d’Ali-Baba. On y trouve pèle-mèle des « démos », des « partagiciels », des « gratuiciels » et même, quelques logiciels libres. Tout cela à portée de clicks. Sans débourser le moindre centime, on se met alors en quête de cet outil qui nous fera gagner 10 minutes par jour, de celui-ci qui nous permettra de faire un truc dément sur l’ordi (quoiqu’inutile). On fricotte alors avec les « gratuiciels », ceux qui vous donnent toutes les options sans pour autant se bloquer inéluctablement au bout de 30 jours. Parmi eux, les logiciels libres. On commence alors à se demander: « c’est quoi un logiciel libre? c’est quoi la différence avec l’autre logiciel totalement gratuit à côté? » On tombe alors sur des forums/blogs/sites qui vantent la toute puissance de ces logiciels. Et en découvrant enfin une vraie définition du logiciel libre, on en frissonne d’excitation tant ça vous titille la fibre révolutionnaire (n’oubliez pas que vous êtes dans la peau d’un ado ^^).

Bon, la plupart des gens de moins de 30 ans ne sont jamais allés jusqu’à la phase « logiciels libres », mais un certain nombre ont atteint la phase « gratuiciels ». Ils ne s’étonnent pas de trouver des webmails, youtube et autre facebook gratuits. Et encore mieux, youtube et facebook, c’est « méga cool », ça « pounz », ça « roxx », bref: c’est bien. Pour tous ces jeunes, qualité ne rime plus avec prix (au moins dans le domaine des logiciels).

Les gens de 40 ans et plus, eux, ont découvert l’ordinateur et internet alors qu’ils étaient déjà adultes, déjà formatés. Ils n’ont jamais été farfouillé dans télécharger.com. Ils ne savent même pas que ça existe. Pour eux, internet et l’informatique, c’est comme dans la vie réelle: si tu veux quelque chose, il va falloir le payer. Et les éditeurs de logiciel le leurs rendent bien. Au mieux, ils utilisent des logiciels qui ont été crackés par leurs enfants. Et si diantre ils utilisent les services gratuits genre msn, youtube ou facebook, ils savent bien que le prix n’est pas en € mais en publicité. Bref, pour eux, gratuité rime avec pub et un logiciel gratuit sans pub, ça doit être franchement nul et dans tous les cas, inutilisable.

Et là où le bât blesse, c’est lorsque l’on regarde les choses sont l’angle politique. On trouve deux générations qui pensent différemment. L’une est actuellement au pouvoir. L’autre est l’avenir de notre société. Et quand on en vient à devoir prendre des décisions sur l’informatique, c’est le point de vue périmé des décideurs qui prime encore. Tant et si bien que les jeunes s’y plient et même pire, l’adoptent. Or ce sont bien eux, les jeunes qui « ont raison ». La qualité en informatique n’a rien à voir avec le prix.

Ce problème est un des freins majeurs à l’adoption du logiciel libre. Il y a une fracture numérique. Mais plus que la fracture entre les équipés et les non-équipés ou encore entre les connectés au haut-débit et les non-connectés, je pense que c’est la fracture entre les « digital natives » et leurs parents qu’il est important de réparer. Parce que ce n’est pas 20 ans de retard (le temps que les quarantenaires aillent en retraite) que nous pourrions prendre, mais 10 à 20 ans de plus, à cause de la transmission de cette idée reçue dans le milieu professionnel notamment mais surtout politique, pour notre plus grand malheur.

Je pense donc qu’il faudrait éduquer pour une fois les anciens sur ce sujet. Faire changer les mentalités. Pour cela, il faut que ce savoir perce à travers les canaux de communication qui sauront les toucher: les anciens media: presse, radio, TV. Et pour cela, il faudrait une sorte de lobby, un organisme de communication émanent de la free culture pour transmettre la bonne parole et éduquer les journalistes qui feront alors leur travail et véhiculeront ce savoir à nos chéris anciens (them, who rule the world!).

Bon, je sais que tout cela doit vous paraitre bien étrange, mais je sens qu’un tel organisme (sous une forme pas forcément très conventionnelle) ne va pas tarder à prendre forme. Et je paris que ça va se passer outre-atlantique. Notre mission sera donc de relayer ce mouvement ici, en pays franc. Pays, qui a mon grand désespoir me parait dramatiquement hermétique aux bonnes idées anglo-saxonnes. Non, j’exagère, nous n’y sommes pas hermétiques. Disons plutôt que notre perméabilité laisse filtrer les idées avec 10 ans de retard…

Ginklpios qui sent, comme beaucoup que ça bouge au pays des hot-dogs.

PS: juste comme ça, il y a bien des gens qui paient dans le logiciel libre: quelques grosses entreprises et les disaines de milliers de contributeurs. Mais, étrange fait, les contributeurs ne paient ni en argent ni en pub, mais juste directement en travail. Hélas, je ne pense pas que ça fasse totalement plaisir aux capitalistes tout ça :p

jeudi 1 janvier 2009

Rapport Hadopi: l’article ultime.

Filed under: NTIC,Polémique — ginklpios @ 20:57
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J’ai publié pas mal de billets sur le présent blog sur l’Hadopi. Ils tentaient d’expliquer mon point de vue. Ils étaient nourris de tous ce que je pouvais lire sur le sujet. Mais ils étaient subjectifs étant donné que ma flemmingite chronique m’empêche de faire l’effort (pourtant nécessaire) de citer mes sources. (Pour mémoire, ces billets sont: « J’ai honte d’être français« , « J’ai encore honte d’être français« et « J’ai honte d’être français, la nouvelle« .) Mais cet fois-ci, j’ai du matériel solide, un article qui cite ses sources: Rapport Hadopi : le piratage en ligne a détruit 10.000 emplois… fictifs ?.

[ À partir d’ici, je considère que vous avez lu l’article]

Comme vous avez sans doute pu le constater par vous-même, la lecture de l’article est presque marrante tant le Rapport Hadopi est un tissu d’allégations gratuites et injustifiées, une émanation directe des lobbies des industriels de la « culture ». Mais quand on y pense, cela n’a rien de marrant. Parce que ce texte va être ou a été distribué aux députés qu’il va lamentablement influencer afin qu’ils laissent passer ce projet liberticide. Et parce qu’il met en lumière une vérité qu’un certain nombre d’entre nous ne veut pas voir: le but du gouvernement n’est pas de servir l’intérêt des français. Que ce soit consciemment ou pas, avec profit ou pas, Christine Albanel ne sert pas les intérêts de la nation, mais ceux des majors de l’industrie « culturelle ».

Alors bien sur, je généralise quand je parle du gouvernement. L’exemple seul ne prouve rien (seul le contre-exemple le peut). Ce n’est pas parce que sur ce sujet là le gouvernement est corrompu qu’il l’est sur tous les sujets. Le problème c’est que des lobbies défendant les intérêts des industries il y en a pour toutes les industries. Et qu’il n’y a aucune raison de penser que ce que certains lobbies peuvent faire dans un domaine, d’atres lobbies ne peuvent pas le faire dans leur propre domaine. En clair, il n’est pas stupide de penser que la majeure part du gouvernement soit à la solde d’industriels.

Bref, faut peut-être que j’arrête là ma réflexion. Je ne sais pas pour combien de temps la liberté d’expression va rester à peu près respectée dans ce bon pays qu’est la France. Et je ne voudrais pas faire un mauvais rêve.

Ginklpios, qui va allumer une veilleuse pour ne pas cauchemarder.

mardi 30 décembre 2008

Nous avons perdu la tête

Filed under: NTIC,Reflexion — ginklpios @ 19:42
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Je viens de découvrir une video d’une conférence très intéressante de Michel Serres qui est intitulée: « Les nouvelles technologies : révolution culturelle et cognitive« .

Elle dure 1h environ, le format (realmovie) n’est pas très pratique. Heureusement, il y a le mp3 qui devrait permettre à une large majorité d’accéder au son. C’est assez long, mais elle vaut le détour!

[A partir d’ici, je considère que vous avez vu (ou du moins entendu) la video]Sa réflexion par rapport aux outils fait echo à mes propres réflexions sur le sujet. Cependant et c’est bien normal, il va bien plus loin en nous expliquant quasi littéralement que l’état de notre société actuelle découle quasi directement de notre bipédie. Mais ce qui est majeur dans son raisonnement c’est la démonstration que nous sommes en train de vivre une révolution de notre mode de penser. Selon sa propre expression, « nous avons perdu la tête ». Ce qui est extraordinnaire je trouve c’est que ce vieux bonhomme très humble dans son immense sagesse a formalisé ce que de nombreuses personnes ressentent en ce moment même sans pouvoir réellement se l’expliquer (ici, ou, par exemple).

C’est cela que je trouve réellement joli dans la réflexion: là ou d’autres se contentent de constater (et c’est déjà bien!), les vrai penseurs voient le fond des choses et nous en expliquent avec beaucoup de sagesse les raisons. Ils prédisent des conséquences alors même que le commun du mortel n’entrevoit même pas le phénomène en mouvement, tant ils sont perdu dans les flots du présent.

Bon, j’ai plus qu’à trouver un bouquoin d’Alvin Toffler pour confronter mes théories à celles de ce grand gourou!

Ginklpios, qui tente tout simplement d’être ce qu’il lui reste à être: intelligent…

jeudi 20 novembre 2008

Le P2P, « l’industrie culturelle » et le gouvernement.

Ce soir, j’ai envie de manifester mon avis sur ce thème très polémique ces derniers temps, au point que les candidats au secrétariat du PS se doivent d’en parler dans leurs motions

L’état des choses: le gouvernement veut faire passer une loi instaurant ce que l’on appelle la riposte graduée: effrayer l’internaute moyen en le menaçant de lui couper son accès à internet s’il continue à télécharger. Deux avertissements, au troisième message, le couperet tombe. Une politique de la peur, qui diabolise le consommateur…

Pour ou contre? Pas mal d’arguments des deux côtés, chiffres et études scientifiques à l’appui. Il se dit un peu tout et n’importe quoi d’ailleurs. Mais mon exposé ne porte même pas là-dessus.

Une alternative? La licence globale: comme la redevance TV: chaque abonné paie une « cotisation », le tout partagé entre les différents acteurs de la culture. Là aussi, pas mal de débats.

Mais je vous avouerais que mon objet ne porte pas non plus sur ce point.

Pour plus de détails, vous n’avez qu’à rechercher « Hadopi » ou « riposte graduée », le net regorge d’avis divers et variés sur le sujet. Sinon, j’ai aussi écrit deux, trois trucs là dessus mais ils sont engagés…

Edit: un dossier complet sur l’hadopi par PCinpact. Incontournable si vous n’avez pas suivi l’intrigue depuis le début!

Mais, entrons dans le vif du sujet. Mon objet, c’est cette société de consommation, et le débat qui règne sur le P2P actuellement ne fait que remonter à la surface les mécanique cachées qui dirigent notre société.

Je vais à n’en point douter paraitre très naïf aux plus aguerris d’entre vous, mais je suis jeune et je viens d’ouvrir les yeux. Je m’en excuse par avance.

Pour comprendre un phénomène, il n’y a qu’une seule voie: la découverte de ses principes sous-jacents. En physiques, on appelle cela des lois. Dans le cas présent de notre société de consommation, de notre toute puissante (ou pas) économie de marché, ces principes sous-jacents, ce sont ceux qui animent les organismes. Ici, les protagonistes sont: le gouvernement, les industriels, les lobbys. Pour simplifier, on considèrera que les lobbys ne sont que l’expression des vœux de l’industrie. On a donc deux protagonistes. Ces deux acteurs sont des organisations, i.e. des réunions de personnes. Les principes qui animent ces organisations proviennent de deux origines: les individus qui la composent mais aussi, il ne faut pas l’oublier, l’organisation en elle-même. On ne peut réduire une organisation à la somme de ses composants. Il existe des phénomènes qui émergent des interactions entre les individus au sein de ces organisations. Voila donc le décor planté.

Trivial de constater que ces deux protagonistes, avec leurs centaines d’organisations et leurs milliers d’individus en interaction sont des phénomènes très complexes. Je n’essaierais donc pas d’être exhaustif, même pas un peu, surtout dans les quelques centaines de mots qui vont composer cet article. Mon but sera seulement de mettre en lumière les traits les plus gros, qui a eux seuls me semblent capable d’expliquer certaines des plus grosses tendances.

En effet, nombre de débats se font sur la surface, avec des nombres qui ne veulent rien dire, quand il ne sont pas arbitraires voire même totalement bidouillés. Après tout savoir si « l’industrie culturelle » est en faillite ou pas n’a pas vraiment d’intérêt à part pour les actionnaires. Ce qui est intéressant, ce n’est pas l’information qu’on nous livre par les prismes tous plus déformants des différents medias sources ou même des lobbys; non, ce qui est intéressant, c’est d’essayer de tirer de tout cet intox, de toute cette « junk-information » (pardonnez-moi ce néologisme, mais il a l’intérêt d’être clair), les motivations sous-jacentes des différents acteurs.

C’est donc à partir d’ici, lecteur, que je m’engage réellement, que je te livre mon avis sur tout ça.

Tout d’abord, les industriels (et donc les lobbys des industriels): ce qui leur importe, ce sont les chiffres qui seront imprimés sur leurs fiches de paie des mois prochains, donc par extension le bénéfice de leur entreprise. Certains de ces individus sont surement remplis de bons sentiments, cependant, au niveau de l’organisation, il n’en subsiste plus qu’un: l’appât du gain. Or, leur fond de commerce, c’est la vente de supports (matériels) avec de la culture dessus. Sauf que ces gens là on loupé la révolution de l’informatique (c’est pourtant pas un secret…). Ils n’ont pas remarqué que l’informatique permet de manipuler très aisément et rapidement l’information. Or, la culture c’est quoi? De l’information avec une valeur ajoutée: de l’information culturelle. Mais ça reste de l’information. A partir de là, ça reste aisément manipulable par l’informatique. Et c’est là que le bât blesse. Le fond de commerce de ces gens là repose bien sur le support, pas sur l’information. Comme l’eau minérale. On ne vous vend pas l’eau, bien commun à tous les français en France; on vous vend une bouteille, un package, un service. Que l’eau minérale se mette à couler au robinet et s’en est fini de l’industrie de l’eau minérale. C’est exactement ce qui est en train de se dérouler pour « l’industrie culturelle ». Certes, c’est elle qui produit « l’eau minérale », mais leur business model qui reposait sur la vente de bouteilles se fait couper l’herbe sous le pied par les toutes nouvelles canalisations (internet et le P2P). Et ces cons là, ben soit ils l’ont pas vue cette révolution, soit il faut croire qu’ils partagent un bon paquet de gènes avec les Autruches

Du coup, réaction primitive: on protège ce qu’on a. On cherche par tous les moyens à protéger son fond de commerce. Voila ce que fait en ce moment « l’industrie culturelle » toute entière: sauver les bouteilles, parce que s’ils n’en vendent plus, étant donné qu’ils ne sont pas foutus de s’adapter, ils vont disparaitre. Mais là où c’est pas cool, c’est qu’au niveau de telles organisations, il n’y a que l’appât du gain, pas de souci de morale. Je dis pas que c’est une mafia; mais avec de tels intérêts financiers, il y a forcément des opérations troubles qui se cachent derrière les agissements publics. Des accords financiers plus ou moins officiels, de la corruption plus ou moins visible envers les détenteurs du pouvoir. Et ici, le pouvoir, c’est le gouvernement.

Voila donc le décor: de nouvelles canalisations, des industriels qui veulent vendre des bouteilles et un gouvernement qui peut agir sur les canalisations. Et cela donne quoi? Vous l’avez dans le mil: la riposte graduée, le projet Hadopi etc…

Maintenant, étudions cet acteur qu’est le gouvernement: il détient le pouvoir législatif. Il est censé définir un certain nombre de relation entre les éléments de la société: individus et organismes. D’un côté des vendeurs de bouteilles, de l’autre des consommateurs qui, d’un point de vue financier ont plutôt intérêt à se servir au robinet. Le gouvernement doit en théorie rechercher le meilleur compromis entre les deux côtés. Cependant, d’un côté il y a de puissants intérêts financiers qui impliquent de larges organisations et de l’autre, les consommateurs, la foule atomisée, très peu organisée. Les lobbys industriels dotés de moyens puissant appuient fortement sur le détenteur du pouvoir tout en tentant de se faire une bonne image auprès du public. De l’autre côté: quelques citoyens éparses mais conscient des enjeux et quelques organismes (associations par exemples) aux moyens assez faibles.

Voila donc le gouvernement comprimé entre les lobbys industriels et la mission première de l’état qui reste de garantir les libertés de ses citoyens. Et c’est là que ça craint: ce gouvernement semble céder aux pressions des lobbys et n’hésite pas à renoncer aux libertés de ses citoyens. Et je trouve ça vraiment dégueulasse. Au final, si ce gouvernement persiste et signe, ce seront bien les industriels, ces entreprises qui ont raté le coche de la révolution informatique qui auront gagné. Ils pourront continuer à survivre quelques temps (l’économie de marché, comme le monde vivant , est impitoyable; le plus adapté survit surtout quand la pression de sélection est importante… comme en ces temps de crise) , mais à quel prix? Au prix du sacrifice de certaines libertés des citoyens français!

Cependant, rassurons-nous. Ils auront gagné une victoire mais pas la guerre. Car ils sous-estiment largement la flexibilité du réseau des canalisations. Leur politique de la menace, de la peur ne pourra contraindre l’extraordinaire force de ce que l’on nomme l’internet. Les robinets ne sont pas prêts de s’arrêter de couler!

Voila. J’espère ne pas vous avoir ennuyé avec des banalités. Mais je suis jeune et révolté.

Ginklpios, qui boit son eau au robinet.

vendredi 7 novembre 2008

Minitel 2.0

Filed under: Geek,libre,NTIC — ginklpios @ 1:34
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Une formidable video de la conférence qu’à tenu Benjamin bayart – Président du FDN – aux 8ième rencontres mondiales du logiciel libre à Amiens le 13 janvier 2007.

Alors oui, je fais du pur minitel 2.0 en ce moment et depuis un terminal « fenêtre » tout propriétaire tout pourri. Mais comme on dit: « Fais ce que je dis, pas ce que je fais ».

mercredi 29 octobre 2008

Pris dans la toile

Filed under: Geek,NTIC — ginklpios @ 20:29
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Un petit article rapide pour buzzer un peu autour d’un documentaire video pas mal fait sur les données personnelles sur le web. Maintenant je me rappelle pourquoi je n’ai pas de photo de moi sur « mon » facebook (dont vous ne connaitrez pas l’adresse ^^). M’enfin, le mal est déjà fait. -Je suis sur facebook-

mardi 7 octobre 2008

Vive le web 2.0

Filed under: NTIC — ginklpios @ 12:32
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Après un petit article dans les nues, on continue à voler en haute altitude dans la blogosphère 🙂

Via les infostratèges:

L’e-réputation d’une compagnie aérienne abattue en plein vol

Le monde financier américain a connu, à la mi-septembre, une douloureuse et hallucinante aventure qui n’a rien à voir avec la crise économique dans laquelle le monde entre.

De nouveau, c’est l’e-réputation (web-réputation ou réputation numérique) qui est la cause de la chute vertigineuse du cours boursier d’une célèbre compagnie américaine. Et ce, a priori, sans aucune intention de nuire, par pur concours de circonstances techniques…

Les faits

Le 7 septembre 2008, un internaute américain visite nuitamment le site de son journal favori, le Sun Sentinel, émanation du Chicago Tribune.

Il va lire, dans les archives du site, issues du Chicago Tribune, un communiqué, datant de 2002, annonçant la procédure de mise sous contrôle judiciaire de la société United Airlines, une des plus grandes compagnies aériennes américaines.

Compte tenu du peu de lecteurs sur le site à cette heure tardive, cette unique consultation de l’article pèse lourd dans les statistiques de fréquentation tenues en temps réel. Le moteur du site Sun Sentinel affiche donc automatiquement l’article en question sur la page d’accueil parmi les « most viewed » (les plus lues).

52 secondes plus tard, selon le communiqué du Chicago Tribune, le robot de Google chargé de scruter l’actualité visite le site pour actualiser l’information qui est mise à jour en continu sur Google News.

L’information est alors vue sur Google News par un rédacteur de l’agence Bloomberg News qui la prend pour une actualité renversante et décide de la relayer avant tout le monde, sans prendre le temps de recouper l’information.

En quelques minutes, l’information se propage dans les milieux financiers. Le cours de bourse de United Airlines s’effondre et va perdre plus de 75% de sa valeur. Les autorités boursières réagissent rapidement et suspendent la cotation mais il est trop tard, le mal est fait…

À la reprise des cours,l’action remonte substentiellement, mais des actionnaires lésés veulent obtenir réparation du préjudice subi.

Un hallucinant concours de circonstances techniques

Et pourtant, à première vue, ce serait juste la faute à personne ou à pas de chance… Ce serait juste un malheureux concours de circonstances, le système d’information qui serait devenu fou…

Chacun cherche à rejeter la responsabilité sur l’autre : le Chicago Tribune nie toute responsabilité et accuse Google. Google se défend au motif que l’info n’était pas clairement datée. L’agence financière Bloomberg News, quant à elle, promet à l’avenir, de recouper ses sources.

Communiqué sur le site du Sun sentinel du 9 septembre :
www.sun-sentinel.com/business/sfl-flzunited0909sbsep09,0,7405794.story

Un des communiqués sur le site du Chicago Tribune du 10 septembre :
www.tribune.com/pressroom/releases/2008/09102008.html

Sous licence Creative Commons.

Voila un bel exemple du pouvoir de l’information, mais surtout des dangers de la rapidité et de la massivité des circuits de l’information.

On pourra dire: c’est la faute à pas de chance! Quelle probabilité que le bot de google passe à ce moment là? Quelle probabilité qu’une agence relaie l’information sans la vérifier?

Mais il est clair que cette malheureuse affaire a eu des conséquences bien tangibles.

Tout ça pour illustrer l’un des grands défis de l’internet de demain: conserver le sens. Le sens doit primer sur les données et non l’inverse. Si le moteur du site Sun Sentinel pouvait comprendre le sens, il n’aurait pas mis cet article en page d’accueil. Si le bot de google pouvait comprendre le sens, il n’aurait pas sélectionné l’article pour apparaitre dans Google News et si le rédacteur de l’agence Bloomberg News avait fait attention à la date, rien de tout ça ne se serait passé.

Il n’est pas nécessaire que les bots soient des IA mais si l’article et les metadonnées qui l’entourent (comme sa date d’édition par exemple) étaient sémantisée, on pourrait avoir des bots capablent de « comprendre » (dans son sens le plus basique) l’article et donc d’éviter de telles abérations.

Un article qui fait echo (à mon sens) à un article d’affordance qui prone la noblesse du code face un amas de données.

Ginklpios, qui rêve de surfer un jour dans le web comme Neo se déplace dans la matrice.

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