Reflexio

samedi 29 mars 2008

La souffrance est le prix de la conscience.

Filed under: Reflexion — ginklpios @ 0:13
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D’où vient la souffrance? Pourra-t-on un jour s’en débarrasser? Tout le monde se pose ces questions au moins une fois dans sa vie. Et pour cause, la souffrance, ce n’est pas une sensation/ un sentiment des plus agréables! Pourtant, la souffrance est essentielle. Hélas!

Tout d’abord: ma petite hypothèse sur l’origine biologique de la souffrance. Puis une conséquence qui en découle immédiatement: nous ne pourrons pas nous en affranchir, elle est le prix de la conscience.

Petite hypothèse de travail: je confonds ici souffrance et douleur: « une expérience affective de base, qui comporte un caractère de désagréable et d’aversion, et qui est associée pour l’individu concerné à un dommage ou à une menace de dommage » d’après wikipedia.

I) Origine biologique.

Comme le souligne la définition de wikipedia, la douleur est associée à un dommage ou à une menace de dommage. Il faut différencier les deux cas. La première association rentre dans la cadre de l’apprentissage: la douleur est post-traumatique. Les dommages sont là, en leur associant une douleur on peut espérer que l’individu évitera de se retrouver dans les conditions qui l’ont mené vers sa première souffrance. Ainsi, il existe certaines souffrances en anticipation de dommage. Le cerveau qui analyse des conditions proches de celles qui ont pu mener l’individu à un souffrance précédente prend les devant et provoque une souffrance « dans le but » d’éviter de se retrouver dans les conditions exactes du dommage précédent. Trivial vous allez me dire! Mais efficace!

En effet, la souffrance a sans doute été sélectionnée au cours de l’évolution pour son efficacité à maintenir en vie les individus qui en sont dotés. Il est très facile de se rendre compte de la logique de mon affirmation précédente (à défaut d’une démonstration scientifique!): il existe des humains que les caprices du hasard ont privés de la sensation de douleur (une pathologie d’origine génétique). Eh bien ces personnes là se blessent en permanence, incapables de juger de la résistance de leur propre corps (notamment dans leur jeunesse). Or, dans le milieu naturel, les chances de survie de l’individu blessé diminuent grandement. La douleur est donc non seulement utile mais carrément indispensable à notre survie. En effet, c’est pas parce que nous, humains avons la capacité théorique de prévoir les conséquences de nos actions que nous pouvons nous priver de cette précieuse aide. Les erreurs d’estimation seraient suffisantes à nous tuer assez rapidement… et puis, il en faut, pour nous détourner de la curiosité de tenter une nouvelle expérience (bien que potentiellement dangereuse)!

II) Le prix de la conscience.

Tout d’abord: qu’est-ce que la conscience? Pour moi,  la conscience, c’est un mécanisme de perception de l’activité du cerveau. Il existe donc deux niveaux de perception: la perception du milieu extérieur et du corps en dehors du système nerveux et la perception de l’activité du cerveau. Il existe donc probablement dans le cerveau une structure nerveuse qui recueille des informations sur l’activité d’autres structures nerveuses.

Ainsi, lorsque l’on se concentre sur une sensation tactile ou sur un problème (par exemples), c’est cette zone du cerveau qui se met à communiquer avec l’aire de traitement des perceptions tactiles ou le cortex préfrontal. S’il n’y a aucune structure de perception de l’activité nerveuse, on peut se demander si la conscience est possible. (Les réseaux de neurones virtuels pourront sans doute nous aider à lever le voile sur cette question!) De même, il est vraisemblable que des animaux dotés de neurones mais dépourvu d’une telle structure nerveuse ne ressentent pas de douleur, mais se contentent des reflexes innés (de fuite, défense, camouflage, etc…).

Une autre théorie pour expliquer la conscience fait intervenir l’émergence d’un ordre supérieur dans le fonctionnement du système nerveux, mais là on passe du côté de la métaphysique donc, je vais garder mon hypothèse de la structure de surveillance de l’activité du cerveau… qui n’est pas prouvée scientifiquement actuellement à ce que je sache).

Il semble donc que la souffrance soit indissociable de la conscience tant que cette conscience vivra dans un environnement « hostile » (on peut imaginer une conscience enfermée dans un monde virtuel et dont aucune configuration ne mène à la mort… de quoi vous rendre fou, en somme!). D’autre part, nous avons commencé à influer sur notre souffrance grâce à des substances neuro-actives et je pense qu’il faut continuer dans ce sens, en effet, quand le mécanisme de la douleur s’emballe, les conséquence sont souvent bien plus grave que les dommages qu’il est sensé éviter…

Ginklpios, bien content de vivre à une époque et dans une société qui a tendance à rejeter la souffrance sous toutes ses formes!

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